19 juil. 2009

Logorrhée d'intolérances

L'intolérance a encore frappé

Quelle idée d'avoir des idées, et quelle naiveté de les exposer afin de les faire partager. De quel droit se permet-elle de penser et surtout d'exprimer ce qu'elle pense ? Où se croit-elle ? Déjà plusieurs mois qu'elle enfonce le clou sur les questions de développement durable à Argentan - il s'agit d'Odile Lecrosnier, conseillère municipale - et fait connaître ses propositions par voix de presse et plus particulièrement dans les pages du Journal de l'Orne, média bien connu pour sa ligne rédactionnelle novatrice et contestataire... Intolérable ! Elle ose défier le silence pesant que le maire, d'une main de fer, impose au conseil municipal. Elle persévère à développer ses propositions en matière de "développement durable" : production écologique d'eau chaude et d'électricité pour les bâtiments communaux, récupération des eaux de pluie pour les espaces verts, pistes cyclables, accessibilité des lieux publics pour les personnes handicapées, etc. Elle n'a quand-même pas été élue pour cela ! Non, elle ne passera pas !
J'attendais la suite avec curiosité car l'absence de réaction devenait inquiétante. Me voici rassuré : la volée de bois vert est enfin arrivée. A persévérer ainsi, cette élue de l'opposition s'expose à la relégation, la roue ou pire le bûcher. Pour le moment, un moindre mal avec une simple mise à l'index sur la place publique, comme c'est l'habitude en ces lieux où toute tête qui dépasse et toute proposition n'émanant pas du chef suprême du petit cercle dirigeant municipal sont à priori suspectes donc condamnables. La réplique a été cinglante, foudroyante et exécutée au canon. C'est l'adjoint au "développement durable" qui s'en est chargé (Voir article ci-contre publié par le J.O du 9 juillet 2009). Encore heureux que cet adjoint ne soit pas en charge du "développement durable de la démocratie participative".
Etat de siège ?
Certains, à les lire et les entendre, donnent à penser que la majorité municipale serait en état de siège, harcelée de toutes parts par des hordes contestataires. C'est une vieille technique. Toute expression, toute idée ou proposition sortant du cercle étriqué dirigeant ou de son chef sont perçues comme des intrusions hors périmètre sur un territoire réservé. C'est ainsi qu'on élève des murs. Et pour dissuader les intrus, on entretient artificiellement la polémique et, en dernier ressort, on fait donner l'artillerie. Par crainte des idées des autres - préférant oublier que ces "autres" sont des citoyens de notre république en pleine possession de leurs droits. Ceux du "petit cercle", insupportés par cette liberté d'expression, alourdissent ainsi la chappe de sectarisme qui règne sur la vie municipale.
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NB : cliquez sur l'article du J.O pour agrandir le texte. On peut aussi l'imprimer pour l'encadrer.