Je ne sais combien de personnes se formalisent encore des changements intervenus dans les relations entre le Parlement et le Gouvernement. Je parle ici non pas du train-train quotidien législatif mais du processus sous-tendant les grandes décisions d’intérêt national. Peu semble-t-il si je m’en réfère à la lecture de la presse. Encore moins à entendre les hommes politiques, à droite comme à gauche qui, dans leur grande majorité, à tous les niveaux, dans les départements et régions, s'adressent en permanence à Lui et font tout dépendre de Lui. Bien des monarchies constitutionnelles se sont depuis longtemps dégagées d'une telle servilité. Il faut remonter à l'époque de la monarchie absolue pour identifier une telle situation. Encore que les Parlements et leurs "Frondes" parvenaient-elles parfois à réguler sinon s'opposer aux volontés du monarque. Aujourd'hui, mieux vaudrait une absence de Constitution qu'une Constitution bafouée dans un silence assourdissant de l'opposition. Cela donne à penser qu'une fois parvenue au pouvoir la dite opposition se comporterait pareillement.
Prenons l’exemple de la commission Rocard-Juppé sur la « taxe carbone » (c’est surtout Rocard, avec sa forfanterie habituelle, qui s’est laissé mettre en avant, Juppé se tenant habilement en retrait). Problème important qui relève à l’évidence du Parlement (voir article 34 de la Constitution). On aurait pu s’attendre au dépôt officiel du rapport entre les mains du Premier Ministre. On aurait pu s’attendre à voir le taux de cette taxe débattu et fixé par l’Assemblée Nationale. Que nenni ! (1)
On pouvait penser que la classe politique, surtout à gauche, se serait élevée contre ce viol permanent de la Constitution qui nous ramène au temps de la monarchie ou du Ier Empire. Que nenni ! C’est le prince qui a réceptionné le « rapport Rocard » et c’est encore lui qui, passant par-dessus le Parlement, à fixé le taux de ce nouvel impôt. Et notre Premier Ministre, supposé chef du Gouvernement, complètement dépassé, indécis, était suspendu en attende de la décision du prince. Et personne n’a pipé. La messe a été dite sans les servants et ce sera 17 € la tonne. Dans notre Parlement, «pas un bruit, pas un son. Toute vie est éteinte. Mais on entend parfois, comme une morne plainte.»
Ainsi, est-il devenu habituel et insupportable pour un républicain d’entendre les ministres et élus du peuple entonner cette ritournelle : « pour répondre à la volonté du chef de l’Etat etc.. ».
Prenons l’exemple de la commission Rocard-Juppé sur la « taxe carbone » (c’est surtout Rocard, avec sa forfanterie habituelle, qui s’est laissé mettre en avant, Juppé se tenant habilement en retrait). Problème important qui relève à l’évidence du Parlement (voir article 34 de la Constitution). On aurait pu s’attendre au dépôt officiel du rapport entre les mains du Premier Ministre. On aurait pu s’attendre à voir le taux de cette taxe débattu et fixé par l’Assemblée Nationale. Que nenni ! (1)
On pouvait penser que la classe politique, surtout à gauche, se serait élevée contre ce viol permanent de la Constitution qui nous ramène au temps de la monarchie ou du Ier Empire. Que nenni ! C’est le prince qui a réceptionné le « rapport Rocard » et c’est encore lui qui, passant par-dessus le Parlement, à fixé le taux de ce nouvel impôt. Et notre Premier Ministre, supposé chef du Gouvernement, complètement dépassé, indécis, était suspendu en attende de la décision du prince. Et personne n’a pipé. La messe a été dite sans les servants et ce sera 17 € la tonne. Dans notre Parlement, «pas un bruit, pas un son. Toute vie est éteinte. Mais on entend parfois, comme une morne plainte.»
Ainsi, est-il devenu habituel et insupportable pour un républicain d’entendre les ministres et élus du peuple entonner cette ritournelle : « pour répondre à la volonté du chef de l’Etat etc.. ».
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Remarquons également dans la presse ce glissement sémantique qui substitue de plus en plus souvent au terme de « Président de la République française » celui de « Président de la France ». (2)(3)
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(1) C’est probablement ringard de rappeler que, suivant l’article 34 de la Constitution, « la loi fixe les règles concernant l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toutes natures.» Quant aux articles 20 et 21, ils ont été biffés de fait. On peut donc affirmer que la République Française n’a plus de Constitution. Cela ne semble pas déranger nos députés. Le plus cocasse est de rappeler qu’aux termes de l’article 5, le Président de la République est sensé de « veiller au respect de la Constitution »… Pour parapher un célèbre élu local "au bal des cocus, tout le monde danse"...
(2) Dans l’histoire de la République, il n’y eut qu’une seule fois un « Chef de l’Etat". Il s’appelait Philippe Pétain. Depuis, ce terme était rayé de la Constitution. Et voici qu’il réapparaît.
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(3) A propos de l'expression erronée "président de la France", précisons que le Gouvernement n'est pas celui de "Sarkozy" mais il est le "Gouvernement de la République française". M.Fillon n'est pas le "Premier Minsistre de Sarkozy" mais il est (ou devrait être) le "Premier Ministre du Gouvernement de la République".

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