6 oct. 2009

Anna Politkovskaïa


DOULOUREUSE RUSSIE – JOURNAL D’UNE FEMME EN COLERE.

C’est le titre du livre d’Anna Politkovskaya publié en France quelques semaines avant son assassinat. J’avais fait l’acquisition de cet ouvrage lors d’un séjour en France début 2007. A lire ce qu’elle venait d’écrire, et connaissant assez bien les mœurs en vigueur en Russie, la conviction me vint qu’elle avait ici signé sa condamnation à mort. Ce sera effectivement son dernier livre.

Ci-après, le texte publié en quatrième de couverture.
« En arrivant au Kremlin en 2000, Vladimir Poutine avait promis d'instaurer en Russie la « dictature de la loi ». L'ancien agent du KGB s'engageait à mettre fin à la corruption qui rongeait le pays, à ramener à la raison l'irrédentisme tchétchène, à offrir à chaque citoyen un niveau de vie décent... Mais s'il y a bel et bien une dictature en Russie, c'est celle exercée par un pouvoir impitoyable qui ne se soucie de la loi que lorsque cela l'arrange, explique Anna Politkovskaïa dans cette bouleversante chronique d'un pays à la dérive. Au fil des jours, la journaliste de la Novaïa Cazeta, l'un des derniers organes de presse indépendants, dresse un constat terrible de la « poutinisation ». Loin d'être pacifiée, la Tchétchénie demeure plus que jamais une zone de non-droit. La « verticale du pouvoir » écrase toute opposition digne de ce nom, n'hésitant pas à truquer grossièrement les élections. Sur la totalité du territoire, une bureaucratie corrompue pille les citoyens. Les tribunaux rendent une justice qui ne profite, qu'aux mieux, en cour. Les pauvres, les vieux, les invalides, les orphelins, sont livrés à eux-mêmes. Au sommet de ce système « néosoviétique », un homme : Vladimir Poutine. Combien de temps encore la population, éreintée, apeurée et désespérée, va-t-elle se laisser faire ? Comme toute évolution en douceur semble impossible, les discours les plus radicaux trouvent de plus en plus d'écho... Si révolution il y a en Russie, elle ne sera ni rose comme en Géorgie, ni orange comme en Ukraine. Elle sera couleur rouge sang, prédit Anna Politkovskaïa. »

Editions Buchet Chastel – Septembre 2006.


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Anna Politkovskaya ne sera jamais oublié par les défenseurs des Droits de l’Homme. Samedi 3 octobre, en France, et à Argentan, Amnesty International a pris l'initiative de faire signer une pétition réclamant que les commanditaires et exécutants de cet assassinat soient jugés. En centre ville, une rue Anna Politkovskaïa a été symboliquement inaugurée.