19 févr. 2009

Guy Romain la menace !

Les élus de gauche au piquet !
Guy Romain, maire de Vimoutiers, conseiller général de l'Orne (1), proche d'Alain Lambert, se moque des socialistes qui ont soutenu leur candidat Guy Mercier lors de l'élection cantonale partielle dans le canton de Putanges. Dans un communiqué, il déclare - il ose déclarer : "Des maires et conseillers généraux de gauche venus (2) à Putanges soutenir le candidat socialiste, sont désormais en délicatesse avec la majorité départementale qui ne manquera pas de s'en souvenir" .
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En clair, pour ces élus qui ont eu l'impudence de proposer un autre choix, Monsieur Romain souhaite des mesures de rétorsion, une forme de punition. Scandaleux. Un démenti s'impose. Et il serait républicain Monsieur Romain maire de Vimoutiers ?
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Dans ce canton de Putanges réputé majoritairement à droite, félicitations à Guy Mercier pour son honorable score face au nouveau Duc d'Alençon. Et pour les élus de gauche qui ont soutenu sa candidature, tête haute devant les intimidations de la majorité conservatrice du Conseil général. (3)
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(1) Contrairement à ce qu'écrit le Journal de l'Orne du 19 février, Guy Romain n'est pas conseiller général du "canton de Vimoutiers". Cependant, il est bien "conseiller général du département de l'Orne" élu par le "canton de Vimoutiers"...
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(2) J'aime bien lire Guy Romain lorsqu'il écrit "des maires et conseillers généraux "venus" à Putanges soutenir le candidat socialiste". Comme des étrangers mal-venus qui auraient dû solliciter un visa pour se rendre à Putanges. Frédéric Léveillé, comment as-tu osé te rendre à Putanges ? Et pas seulement toi dit-on. Monsieur Romain, j'ai la liste de ceux qui ont osé venir à Putanges et aussi de ceux qui ont tenté de s'en approcher. On prétend même que Laurent Beauvais... A vérifier. Parait aussi qu'un bourgeois d'Alençon, sourcilleux gestionnaire de sa carrière, comme on n'en faisait plus depuis Dandigné, à pu venir jusqu'à Putanges. Mais lui, il avait probablement beaucoup d'amis dans la place.
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(3) A lire la phraséologie de Guy Romain, on se croirait revenu à l'époque des "candidatures officielles" sous Napoléon III. Vive le parti unique ! Vive la pensée unique !

16 févr. 2009

C'est quoi l'exploitation capitaliste ?

Avant propos.
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Difficile article qui demandera quelques heures d'une laborieuse écriture. Je tenterai de le faire en direct, avec ajouts et corrections au jour le jour. A ceux qui ont compris Marx, nul besoin de notes ou autres manuels (imagine-t-on François Mitterrand ou J-P Chevènement ou même Pierre Pavis exposant leurs projets en lisant un texte ? Attention, je ne prétends pas que les socialistes génération Royal sont marxistes, ce serait leur faire injure...). Nul besoin non plus de lire la totalité du "Capital", cet indigeste pensum. Une vingtaine de pages concentre l'essentiel. Faut-il encore vouloir les lire et faire l'effort de comprendre !
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Seules les vierges social-libérales, cloîtrées dans leur monastère ségolien, s'en effaroucheront. A l'opposé, le NPA de Besancenot anône de nouveau les dogmes de Trotsky et Lénine du contrôle des entreprises par des comités d'usagers et de salariés - des soviets (du grain à moudre pour Odile Lecrosnier). La suite est connue d'avance et a déjà été écrite : ces dits comités seraient vite contrôlés par les apparatchiks du NPA qui, eux-mêmes, s'en référeraient à son chef "génial" (encore que dans ce domaine, cela se pratique également dans l'UMP où les apparatchiks sont nommés par le génie de l'Elysée. Les adhérents étant réduits à des applaudisseurs autorisés à applaudir aux moments convenus comme aux temps glorieux des grandes messes du PCF ). De Lénine à Fidel Castro en passant par Staline et Che Guevara, de Pol-Pot à Mao en référence à leurs identiques conceptions de la "démocratie populaire", nous devrions être déjà et vaccinés et revaccinés. Revenons donc à nos marxistes moutons.

Remarque :
Dans le texte, par mesure de simplification, les capacités physiques et intellectuelles de l'homme à travailler - à produire du travail - sont désignées sous le terme "Force de travail" ou "FT". La notion "temps de travail socialement nécessaire" est désignée sous le terme "TTSN".
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Plan.
-Introduction .
-La valeur d'échange des biens marchands.
-Les hommes ne sont pas des marchandises, mais leurs forces de travail le sont.
-La mise en exploitation de la force de travail.
-Comment s'explique cette plus-value.
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L'exploitation capitaliste

Que signifie "exploitation capitaliste" - et ce qui en résulte en tant que système économique et, corollairement, dans le développement des sociétés depuis le XXIIIe siècle. Marx a été le premier à en donner une explication rationnelle peu contestée. Il s'en est donné de la peine ce brave Karl. (Il aurait rugi ou se serait esclaffé de rire en lisant la pauvreté des définitions du capitalisme dans certaines revues. On continue à dire et écrire beaucoup d'âneries sur "Le Capital". Elles proviennent essentiellement de ceux qui ne l'ont jamais lu ou qui, l'ayant lu en diagonale n'y ont rien compris. A propos du partage des profits du capital (interdiction de rire) en faveur des salariés - l'entourloupe des trois tiers pour les gogos - cette vieille lune ressortie du chapeau de l'illusioniste Sarkozy, il faudrait imaginer le choeur des exploiteurs se tirant volontairement une balle dans le pied. Mais tout un chacun a le droit de croire au Père Noël... Certes, ces types d'intéressement existent déjà à petite échelle. Comme le reconnaissait récemment et cyniquement le patron d'un grand groupe de distribution : "nous privilégions cette formule car cela nous permet de contenir la masse salariale". Fermez le ban.

-La valeur d'échange des biens marchands.
C’est ici le cœur du problème. Dans l’économie primitive, la question ne se pose pas : chasse, pêche, cueillette, suffisent à entretenir la vie des individus ainsi que leur reproduction. Plus tard, dans l’économie féodale, les rapports des hommes dans et par le travail s’organisent différemment dès lors que se développent la propriété seigneuriale des terres et le servage - les hommes étant également propriété (asservis) au seigneur. A cette époque, capital foncier et capital humain ne se distinguent pas juridiquement. C’est cependant un progrès au regard de la période précédente. On commence à produire un peu plus que le nécessaire. Là ont commencé les problèmes... Se développe alors l’échange des surplus des biens et services utiles et nécessaires aux classes non serves (quant à l’échangisme, il s’agit d’un autre domaine qui nécessiterait des développements plus croustillants mais hors sujet...).

Puis les progrès techniques combinés avec l’aspiration à plus de libertés font progressivement craquer le vieux système féodal. Le « capital foncier » - auquel vient progressivement s’ajouter le capital des premiers ateliers et fabriques – se sépare juridiquement et physiquement du capital humain force de travail et entraine la disparition progressive du servage. Le capital « force de travail » se développe à va dorénavant vivre sa propre vie non serve. Un couple jusqu’alors fusionnel, poussé par des forces irrésistibles, divorce à grand fracas et fait trembler la terre entière, des colonies des Amériques à l’Europe des ringardes monarchies conservatrices. Nul ne perçoit alors l'évolution en marche. Ce sont les hommes qui font l'Histoire, mais ils ne savent pas l'Histoire qu'ils font.

Le XIXe siècle voit s’accélérer et augmenter les échanges de biens et services à travers un instrument très simple qu’il est convenu d’appeler le marché. Les marchandises s’y échangent en termes d’équivalences de valeurs. Marx a longtemps peiné avant de pouvoir formuler une explication de ces équivalences appelées également valeurs d’échange. Pourquoi et comment un quintal de blé de moyenne qualité non panifiable des plaines du Berry s’échange contre quatre quintaux de carottes de Créance. Quelle main mystérieuse en établit la valeur d'équilibre donc d'échange ? Et pourquoi et comment, lorsque ce blé est panifiable, s’échange-t-il contre six quintaux de ces mêmes carottes. Marx ne se satisfait jamais des raisonnements et explications de l'époque alors acceptées comme des évidences. C’est en raison du TTSN s’écrie un jour notre Karl… Le Temps de Travail Socialement Nécessaire entra alors dans la pensée économique. Le TTSN, cela ne signifie pas seulement le nombre d’heures, de jours ou de mois de travail nécessaires à la production d’un bien marchand (bien destiné à être échangé sur le marché), il convient d'y introduire un facteur pondéral essentiel : celui du niveau social et économique des lieux de production des biens marchands échangés.

(A titre d’exemple, dans l’industrie automobile il y a 15 ans, pour effectuer la même production, cinq ouvriers étaient nécessaires en Russie quand un seul était nécessaire en France. Une exploitation agricole en herbages de 100 ha en Russie employait cinquante salariés quand deux seulement étaient nécessaires en Normandie).

Dans ces conditions, lors des échanges, d’importants écarts apparaissent dans les équivalences de valeurs des marchandises en raison des différent niveaux de développement des producteurs. Le temps de travail ici n’a pas la même valorisation ou quantification que le temps de travail la-bas).

D’après Marx, la valeur d'échange des biens marchands correspond donc aux temps de travail socialement nécessaires à leur production. Le terme "socialement" revêtant ici la plus grande importance. C’est la loi de la valeur des biens marchands.

-Les hommes ne sont pas des marchandises, mais leurs forces de travail le sont.

Certes, cette théorie de la valeur qui précède ne définit en rien ce qu’est l’exploitation capitaliste. Elle est cependant nécessaire à sa compréhension. Parallèlement au marché des marchandises, aussi vieux que le troc, le XIXe siècle voit se développer un autre marché libre, un espace de libre échange inconnu jusqu'alors : le marché des forces de travail (improprement appelé aujourd’hui marché du travail). Sur ce marché, s’échangent librement et contractuellement, non pas des hommes et femmes mais plus subtilement leurs « capacités et forces de travail ».

Comme pour les marchandises, les termes de l’échange sur ce marché – offre/demande - s'effectuent en fonction des TTSN , c’est à dire les temps socialement nécessaires à la production et reproduction de ces marchandises forces de travail humaines. (ainsi, dire que les salariés sont traités comme des marchandises est fondamentalement inexact : ce sont leurs capacités de travail qui sont traitées comme des marchandises). Le point d’équilibre de l’échange des marchandises forces de travail sur le marché s’exprime par le salaire. J'achète ta force de travail à sa valeur marchande : en contrepartie tu me cèdes ton travail à sa valeur. Pour Marx, tout devient alors compréhensible car, dans cette transaction marchande, de valeurs équivalentes, va alors se produire un phénomème dont seul l'homme salairisé est capable. Marx comprend que la valeur force de travail et la valeur travail sont deux notions de valeur marchande quantativement différente.

-La mise en exploitation de la force de travail.

Comme on l'a vu, les échanges de marchandises répondent à des besoins ou usages différents mais s'effectuent cependant en équivalences de valeurs : TTSN contre TTSN. Il en va de même des « FT » (forces de travail). Elles s’échangent en contrepartie de salaires : valeur salaire contre valeur force de travail - valeur force de travail contre valeur salaire. Cet échange - ce contrat d'échange - s'effectue sur un marché où se rencontrent une offre et une demande : le salarié vendeur de sa "FT" et l'entrepreneur acheteur de la dite force de travail.

Le contrat d'échange de la marchandise « FT » a pour finalité la mise en exploitation de celle-ci par l'entrepreneur propriétaire des moyens de production. Lors de sa mise en exploitation, la « FT » produit du travail dont la valeur finale est supérieure à sa valeur d'acquisition - le salaire = valeur FT. C'est ici que prend naissance la "plus-value", c'est à dire la différence entre la valeur de la force de travail et la valeur du travail produit par celle-ci. Cette différence que Marx désigne sous le terme de plus-value reste propriété de l'entrepreneur propriétaire des moyens de production. Celui-ci va poursuivre un but : capitaliser cette plus value issue de l'exploitation de la force de travail humaine salariée.

Ce contrat d'échange, en termes apparamment équilibrés, aboutit à un marché de dupe : j'ai acheté ta force de travail, mais je conserve la valeur de ton travail. Comme aurait dit un célèbre humoriste aujourd'hui disparu : "Et vous trouvez ça drôle ?"

Le capitalisme, en tant que mode d'organisation économique, repose donc sur la séparation entre le capital et les capacités de travail humaines. Cette séparation est nécessaire afin que la plus value du travail humain reste propriété des capitalistes détenteurs des moyens de production.

Sur le plan éthique, ce système est fondamentalement injuste. A l'échelle de l'Histoire, il représente cependant un progrès considérable - une véritable révolution (la Révolution de 1789, que nous glorifions tant, c'est la libération des forces productives - et des libertés politiques nécessaires au développement de la "libre entreprise" donc du système capitaliste). Très performent, ce système n'a pas de concurent. Certes, il pourrait être aménagé, humanisé, rééquilibré, réformé mais... Mais, pour le moment, nos sociétés ne lui ont pas encore trouvé la moindre petite alternative.

Reste une question ....

Comment s'explique la plus-value issue de la "FT" humaine ?

J'ai bien-sûr ma petite idée. Mais, considérant que sur ce thème j'ai assez travaillé, je laisse les lecteurs donner cours à leur imagination et, éventuellement, faire part de leurs commentaires dans l'espace réservé à cet effet sur ce blog.