Difficile de ne pas lui faire supporter l'entière responsabilité de la situation du pays puisque sa pratique brutale du pouvoir personnel conduit dorénavant l'opinion publique, ainsi que certains élus - malheureusement - à considérer que "l'Etat c'est lui". (3) N'empêche, voir les députés de la majorité "convoqués" chaque mois à l'Elysée par le Président de la République - et s'y rendre comme de bons petits soldats le petit doigt sur la couture du pantalon - sans que cela ne soulève la moindre protestation, aussi bien à droite comme à gauche, me plonge dans un abime d'incompréhension. Depuis quand, dans une république, le pouvoir législatif se place-t-il sous le contrôle d'un autre pouvoir ?
Outre cela, l'accroissement du déficit du budget de l'Etat depuis 2007 fait dresser les cheveux sur la tête : 42 milliards en 2007, 103 milliards en 2009, 147,8 milliards pour 2010. Du temps des gouvernements Mauroy, Rocard ou Jospin, une telle gabegie aurait certainement généré des manifestations monstres des classes bourgeoises et des mots d'ordre du genre "chassez-les". Mais, sous le sarkozisme, la bourgeoisie se tait puisqu'elle se voit renvoyée à sa propre image.
Mais plus grave encore est l'endettement de la France : Etat, régions, départements et autres collectivités publiques confondues. En 2010, on avance la somme astronomique de mille cinq cent milliards d'euros (1500.000.000.000 €). (1) (2)
Répartie sur 60 millions d'habitants, cette dette se chiffre à 25.000 € par habitant. Une famille de 4 personnes (adultes et enfants compris) supporte donc un endettement de l'Etat de 100.000 €. Effrayant !
Je pense à tous ceux qui piaffent d'impatience devant les portes du pouvoir gouvernemental (4). Ont-ils réellement conscience des défis qu'ils s'engagent à relever ?
(1) La production intérieure brute française (PIB) s'élevant à deux mille milliards d'euros, l'endettement de notre "riche" pays s'élève donc à 75% de la totalité des richesses produites en une année.
(2) Ces chiffres ramènent à une juste proportion les quelques dizaines de millions d'euros de déficit des caisses de sécurité sociale et de retraite. D'autant plus que leurs sources de financements sont basées sur les salaires - en diminution constante - et non pas sur le PIB comme le faisait remarquer récemment et à juste raison Ségolène Royal. Problème : à l'intérieur du PS, elle est la seule à le dire. Etrange non ?
(3) Je pense ici à certains articles ou discours d'élus qui semblent n'avoir jamais lu la Constitution.
(4) J'écris intentionnellement "pouvoir gouvernemental" car s'est dangereusement répandue l'idée fausse qui ferait tout dépendre du pouvoir "supposé" du Président, donc de l'élection présidentielle. Archi faux : le plus important, ce sont les élections des députés, donc les élections législatives en 2012. Accorder la priorité à l'élection présidentielle de 2012, ce serait assurément retomber dans les mêmes travers du pouvoir personnel à connotation monarchiste type sarkozyste.
Revoir l'excellente prestation de Ségolène Royal sur France 2 "A vous de juger" le 9 septembre 2010.
http://www.dailymotion.com/video/xermi7_segolene-royal-defend-les-retraites_news
Revoir l'excellente prestation de Ségolène Royal sur France 2 "A vous de juger" le 9 septembre 2010.
http://www.dailymotion.com/video/xermi7_segolene-royal-defend-les-retraites_news
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