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15 sept. 2011

Dans l’attente du messie (1)

Les principes jetés aux oubliettes
L’évolution de la vie politique de notre pays subit ces dernières années une évolution fascinante. Au principe de souveraineté de “gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple”  s’est substituée depmessieuis quelques années une pratique de “gouvernement du peuple par un seul élu du peuple” – appelé Président de la République. Cela induit comme conséquence que le gouvernement avec ses ministres n’est plus le gouvernement du peuple français mais le gouvernement du Président de la République. Conséquence de cette conséquence, le parlement n’exerce plus sa principale prérogative de contrôle du gouvernement laissant au président la charge de l’exercer à sa place. Cette inversion de la pratique constitutionnelle a donc instauré un pouvoir personnel en France. Les principes énoncés dans les textes ont été jetés aux oubliettes. Les gardiens de ces principes se sont bouchés les oreilles pour ne pas entendre leurs cris d’agonie.
Ce qui veut dire:
Ce qui veut dire que, d’un Gouvernement contrôlé et responsable devant le Parlement, on est passé progressivement à un gouvernement contrôlé par un président constitutionnellement irresponsable – les ministres et le Premier d’entre eux se trouvant rétrogradés au rang de collaborateurs du Président. Comme du temps de Louis XIV en son Conseil.
On en est arrivé à tel point :
A tel point que, dans le langage habituel des médias, on en est arrivé non plus à évoquer le “gouvernement de la France”, mais tout simplement le “gouvernement de Nicolas Sarkozy”.
Ce qui signifie: 
Ce qui signifie que, dans les faits, notre régime parlementaire, tel que défini par la Constitution,  s’est transformé en catimini en régime semi présidentiel et semi monarchique. Et que notre Constitution a été mise cul par dessus tête.
Que s’est-il passé ?
Un étrange et complexe phénomène, comme un processus de désengagement des citoyens et surtout des partis politiques, la domination d’une idéologie conduisant à l'attente - puis l'apparition tel un sauveur  - d’un homme providentiel. Comme des croyants en attente du Messie qui viendrait solutionner tous leurs problèmes en multipliant les poissons et les pains,  non pas devant le lac de Thibériade,  mais devant l’océan de notre attentisme de citoyens réduits au rôle de spectateurs. Les récentes et stupéfiantes béatitudes socialistes en attente du sauveur Straus-Khan en donnent une étonnante illustration. En extase ils étaient. Ce n'était plus un parti, c'était devenu une église avec papesse et cardinaux et fidèles adhérents en dévotions.  A suivre