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4 sept. 2011

Fêtes populaires à Argentan

Les fichiers de ces vidéos dormaient sur mon disque dur depuis l’année dernière, presque oubliés. Roger m’avait confié une vieilles cassette VHS  qu’il fallut convertir en fichiers numériques. Certes, la qualité n’est pas ici au rendez-vous, mais qu’importe, l’essentiel n’est-il pas, pour certains d’entre nous, de revivre ces moments de bonheur partagé 40 années en arrière. 


Car les fêtes annuelles du Parti possédaient cette magie, sans moyens sophistiqués et superflus, de diffuser la joie de se rencontrer et de partager. A cette époque pas si lointaine, on parlait alors fièrement du “peuple” et de la “classe ouvrière”, on s’y identifiait et l’on en était fière.  Cela avait un sens : le combat collectif dans les syndicats pour améliorer les conditions de vie, et le combat politique pour changer  radicalement la société. 


Aujourd’hui, non pas que cette classe ouvrière soit en voie de disparition – elle n’a jamais été si importante par son nombre – mais c’est essentiellement la conscience d’appartenir à cette classe ouvrière qui s’est estompée.  On nous a dressés à employer d’autres termes plus sophistiqués, quitte à utiliser des périphrases.

C’est là un surprenant paradoxe alors que l’exploitation capitaliste semble avoir gagné sur tous les fronts et que les exploités sont de plus en plus nombreux. Situation cependant complexe si l’on remarque qu’au XXI siècle, l’exploitation capitaliste la plus féroce de tous les temps se déroule en Chine et qu’elle est mise en oeuvre et dirigée par le Parti communiste chinois. Un comble ! Faut dire qu'en URSS, il n'y a pas si longtemps, la situation des travailleurs était plus proche de l'esclavagisme que de l'émancipation révolutionnaire. Enfin, si l'on veut être moin catégorique, disons semblable à la condition ouvrière dans les années 50 (je précise: les années 1850 sous Napoléon III) (1)

En France,  remarquons qu’une grande partie de la gauche est dorénavant influencée ou même dirigée par une nouvelle bourgeoise d’élus éloignés de la classe ouvrière et  n’ayant jamais envisagé de lutter contre l’exploitation capitaliste.  Leur ambition se limite à rendre cette exploitation plus supportable. Sans volonté de transformations radicales, ils se préoccupent donc essentiellement de leurs déroulements de carrières dans la société actuelle. Avec l'aide de consultants, ils se construisent le profil le plus adapté au "marché"  lors des nombreuses compétions électorales. Ils ne s'agit plus alors de "changer la société", il s'agit seulement de "gagner les élections". Pas étonnant que le peuple, réduit à l'état de spectateur, se sente de moins en moins concerné.

Parmi, les nombreuses vidéos réalisées par Roger entre 1968 et 1975, je vais donc continuer à piocher afin de sélectionner celles  qui pourraient être mises en ligne.

(1) Encore faut-il reconnaitre que sous le Second Empire, en France, le droit de grève a été établi en 1864, le droit syndical en 1884 (La CGT s'est constituée en 1895 lors du Congrès de Limoges). Des droits que n'ont jamais connus les ouvriers russes et soviétiques puisque la liberté syndicale n'exitait pas dans leurs pays et encore moins le droit de grève. Quant à la liberté d'expression et la liberté de la presse, elles étaient considérées comme une atteinte à la sureté de l'Etat.