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3 sept. 2011

Une troïka muette

Une page du Journal de l'Orne, daté du 23 juin 2011, avait échappé à mon attention. Je viens de la découvrir.  A travers deux articles titrés "Liberté" et "Liberté (bis)", la célèbre Madame J.O y aborde justement un sujet particulier, à savoir les hebdomadaires réunions à huit clos - donc non officielles - des conseillers municipaux de la majorité. 
Que s'y dit-on ? Quelles décisions y sont arrêtées ? Quels débats sur les choix entre les membres des trois groupes de la majorité ?  Nul ne le sait puisque ces réunions non officielles sont sensées ne pas exister. Avec ce système, la majorité municipale, théoriquement composée de trois groupes politiques différents (socialistes, communistes et jouadistes), est conduite à adoptée par avance une pensée unique faisant disparaître les spécificités des uns et des autres. Les réunions officielles tenues par la suite se réduisent donc à une simple chambre d'enregistrement. De la figuration.

Quelle originalité différencie le groupe communiste des jouadistes ? Impossible à savoir car ce groupe ne s'exprime jamais. Quelles sont les propositions qui différencient le groupe jouadiste du groupe socialiste ? Impossible à savoir puisque ce groupe ne s'exprime jamais. 
De cette curieuse conception de la démocratie confinée au huis clos (que je qualifie de fonctionnement de type soviétique auquel il me serait personnellement impossible de me soumettre) il résulte ensuite de bien étranges réunions publiques du conseil municipal où règne un silence pesant, personne n'ayant rien à formuler ou proposer puisque tout a été ficelé préalablement. Pourquoi ce système perdure-t-il ? Quel est son intérêt ?  Quelles sont les craintes réelles ou supposées qui pourraient justifier cela ?