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14 oct. 2011

L’origine de l’hyper présidence

 A propos de l’hyper présidence
J’entends souvent les critiques sur l’hyper présidence exercée par l’actuel titulaire. Je ne suis pas le dernier à le dire et l’écrire. Ce phénomène typiquement français a été accentué à l’extrême par une loi (dit loi organique) qui couple mécaniquement la date des élections législatives aussitôt après l’élection présidentielle. Une ineptie que seuls des fossoyeurs du régime parlementaire pouvaient inventer. Voir ci-dessous les députés qui, en 2000, sous le gouvernement Jospin, ont proposé, défendu et fait voter cette loi inepte. Le plus incroyable c’est d’avoir pu trouver une majorité pour la voter.
 
bonaparte
Qui a mis le ver dans le fruit ?
Document mis en distribution le 5 décembre 2000 N° 2773. ASSEMBLÉE NATIONALE - CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958 ONZIÈME LÉGISLATUREEnregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 30 novembre 2000.
PROPOSITION DE LOI ORGANIQUE modifiant la date d'expiration des pouvoirs de l'Assemblée nationale. PRESENTE PAR MM. JEAN-MARC AYRAULT, FRANÇOIS HOLLANDE, RAYMOND FORNI, BERNARD ROMAN et les membres du groupe socialiste (1) et apparentés (2),
Exposé des motifs formulé par ces députés (extrait)
“C'est pourquoi, la présente proposition de loi organique entend fixer la date des élections législatives après celle du scrutin présidentiel en inscrivant dans le code électoral que, désormais, les pouvoirs de l'Assemblée nationale expireront le 15 juin de la cinquième année qui suit son élection.”
 
Ils ont jeté Montesquieu aux orties
Après cet début d’exposé des motifs, j’ai isolé la phrase ci-dessous qui démontre chez ces députés socialistes l’incroyable confusion dans les principes de séparation des pouvoirs. En 1789, la Révolution française a voulu des députés possédant le pouvoir de faire les lois en toute indépendance du souverain – et souvent même contre le souverain. Cette deuxième phrase de l’exposé des motifs rédigé par les députés socialistes susnommés trahit et les principes de Montesquieu et l’idéal de 1789. Je cite à nouveau ces députés socialistes :
A ce titre, l'élection du Président de la République offre la possibilité de fédérer des forces autour d'un projet pluraliste et ouvert qui est ensuite mis en œuvre par la nouvelle Assemblée nationale”.
 
Et voici pourquoi votre fille est muette
Même de Gaulle, souvent accusé d’intentions cachées, s’en serait scandalisé. Clairement et cyniquement dit, ils conçoivent l’Assemblée nationale, non comme la représentation de la volonté du peuple mais comme l’instrument d’exécution des volontés du Président. A leur yeux, les députés de la Nation sont simplement des députés godillots ! Ce n’est même plus de la monarchie constitutionnelle, c’est de la monarchie absolue. Encore un effort, et l’on reviendra bientôt au système du Consulat,  peut-être même au Directoire.
 
Ceci expliquant cela:
Sachant cela, pas étonnant que F.Hollande et M.Aubry ne fassent jamais référence à la Constitution : ce serait un véritable télescopage.
 
NB: Contrairement à une opinion assez largement répandue, le couplage des dates de ces deux élections n’a pas fait l’objet d’une modification constitutionnelle. Une loi spéciale sur l’organisation des pouvoirs dit “loi organique” a suffit. Ce qui a été fait par la loi pourrait donc être défait par la loi afin d’en finir avec l’hyper présidence de type monarchique. J’attends avec impatience de voir qui aura le courage de mettre enfin ce problème sur la table.  Chiche François Hollande, chiche Martine Aubry ! 
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Dernière minute – un démondialisateur vite démobilisé. Je viens de prendre connaissance de l’incroyable et inexplicable ralliement du champion de la démondialisation au champion du social-libéralisme François Hollande. A cette occasion, j’ai bien été obligé de prendre conscience des formidables capacités d’instrumentalisation des nobles causes par certains responsables politiques: instrumentalisation des programmes des partis, instrumentalisation des luttes syndicales; instrumentalisation de la situation des travailleurs pauvres, licenciés, chômeurs, opprimés; instrumentalisation des aspirations à la justice sociale, à l’égalité des chances, au respect des droits.
Ils ne servent pas une cause, ils s’en servent
Une place bien en vue, un maroquin, une reconnaissance qui, une fois obtenus ou entrevus, leur fait jeter aux orties leurs convictions d’hier matin. Depuis la commune jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, ils instrumentalisent ainsi les citoyens. Ces mêmes doués et géniaux manipulateurs qui, la bouche en cul de poule, feignent ensuite de s’étonner du désintérêt des citoyens pour la chose publique. A force de nous traiter comme des sujets, ils sont bien les seuls à s’en étonner. Pas vrai A. Montebourg & Cie ?