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4 nov. 2011

Une belle collection d’âneries

Je fixe le cap: il exécute” (Jacques Chirac devant la presse à propos d’un désaccord avec un ministre du gouvernement d’alors)
Si j’étais présidente, je n’accepterais pas que mon Premier Ministre fasse une telle déclaration etc..” (Martine Aubry à propos de François Fillon).
Lorsque je serai présidente, la première loi que je prendrai etc..” (Martine Aubry à la TV pendant la primaire socialiste). Soyons charitables en nous abstenant de nous esclaffer de rire. Faut lui pardonner, elle n’a jamais rien compris à la Constitution. Qu’elle dégage accompagnée de sa crasse ignorance.
“Lorsque je serai présidente, je ferai voter une loi sur… D’ailleurs, le projet est déjà prêt” (Ségolène Royale pendant la primaire socialiste, s’est déjà substituée au gouvernement en établissant un “projet de loi” alors que que la Constitution n’attribue aucun pouvoir présidentiel dans le domaine législatif. Quand les bornes sont dépassées, y a pu d’limites Ségolène !
La France que j’incarnerai sera bien différente..” François Hollande, pendant la primaire socialiste, confond la fonction présidentielle à laquelle il aspire et qui l’inspire avec le mystère de la réincarnation d’essence religieuse. A quand l’invocation du Saint-Esprit ? Alleluia !
La France a décidé de donner son accord au plan de sauvetage de.. ..” (Nicolas Sarkozy de retour d’une conférence internationale annonce au gouvernement de la France ce que la France a décidé..). Décidément, rien n’étonnera jamais notre Premier Ministre sensé représenter et parler au nom de la France. Quant au ministre prétendu aux Affaires étrangères, pffe…
On ne compte plus les journalistes interviewant Nicolas Sarkozy en lui servant du “pourtant votre gouvernement” ou encore “cependant votre Premier Ministre”. A ce train de brosse à reluire, il se paiera bientôt le luxe de les recadrer.
Prochaine étape : Votre Honneur ne pense-t-elle pas que…? Et encore: Que votre Majesté veuille bien m’autoriser à penser que peut-être – sans vouloir en cela insinuer quoique ce soit de négatif… Que votre Majesté dis-je…Au fait, que voulais-je dire ?   
Cependant, chose bizarre, j’ai remarqué que Nicolas Sarkozy, parlant du Premier Ministre et du Gouvernement, n’utilise jamais la forme possessive (mon, ton, son, ma, ta, sa, mes, tes, ses, nos, vos, leurs). Très intelligent, il a compris que beaucoup de commentateurs, par leur langage, s’en chargent et légitiment ainsi l’hyper présidence (plus proche du comportement monarchique que républicain) en contribuant à véhiculer et vulgariser dans l’opinion publique ce concept possessionnel. C’est ainsi qu’ils répètent sans cesse comme des perroquets “le président a chargé son Premier ministre de mettre en œuvre …”. Et aussi  “Le président à fixé à son gouvernement l’objectif suivant à atteindre au cours de l’année ..” Voici pourquoi et comment votre fille République est devenue muette.
La France est dotée d’une Constitution présidentielle et non pas parlementaire comme tu le prétends” - m’affirmait récemment un responsable socialiste départemental en opposition avec les principes constitutionnels que je défends.  C’est bien son droit de le dire – et moi de le contredire. Ai-je une chance, une fois seulement, de lui bloquer 30 minutes – temps nécessaire pour lui expliquer la Constitution de notre pays ? Je vous le redirai.
“A ce titre, l'élection du Président de la République offre la possibilité de fédérer des forces autour d'un projet pluraliste et ouvert qui est ensuite mis en œuvre par la nouvelle Assemblée nationale”. François Hollande devant l’Assemblée nationale en décembre 2000 jette aux orties le principe républicain de séparation des pouvoirs élaboré par les philosophes au 18ème siècle – dit siècle des Lumières.  C’est un socialiste qui tente d’éteindre cette lumière en faisant voter une loi organique qui transforme l’Assemblée nationale en appendice de la fonction présidentielle. Je ne lui pardonnerai jamais.
L’obligation supposée d’avoir une majorité présidentielle constituée à l’Assemblée nationale.Ici, c’est le pompon ! La pire des hérésies qui, dans sa finalité, conduira à la disparition du caractère parlementaire de notre République. Non seulement, elle réduit l’exercice du pouvoir à l’élection d’une seule personne (la gouvernance exercée par un(e) unique super-président(e)), mais elle suppose ensuite une majorité de députés élus avec mandat de s’aligner sur les choix du président. C’est un coup de poignard dans le dos de la démocratie la plus élémentaire. Le terme de “majorité présidentielle” est la mise à mort de la “majorité gouvernementale”, donc de la soumission du parlement législateur aux volontés du Président.  

anerie
Même le journal Le Monde daté du 27 septembre 2011 a perdu la tête: "Gérard Courtois estime que "ces résultats témoignent d'une perte d'autorité du chef de l'Etat sur sa majorité". Enorme ! Non-sens s'il en est car le dit chef de l'Etat n'a pas besoin de majorité. Cette "majorité présidentielle" est une fiction inventée par les partisans du pouvoir personnel. La seule majorité utile et nécessaire qui vaille est la "majorité gouvernementale", c'est à dire une majorité de députés acceptant de voter les textes proposés par le Gouvernement et soutenant ses choix politiques. Lorsqu'on aura compris cela, la France redeviendra une république parlementaire. Actuellement, elle continue à s'enfoncer dans un système de type monarchique.