Pages

17 janv. 2012

Election présidentielle

sauveurIl ne se passe pas un jour sans lire d’étonnantes prédications sur les blogs d’hommes et femmes politiques de Normandie. Pour l’élection présidentielle, ce n’est plus un simple appel au soutien, c’est l’appel à croire dans un sauveur suprême. Plutôt qu’inciter à se mobiliser, le discours général invite à l’attente passive des solutions et changements. Cela nous arrivera de par le Haut. Pour la ligne LGVN, l’aménagement du territoire, la recherche scientifique, l’enseignement, les pôles d’excellences, les métiers manuels délaissés, la santé, les retraites, l’extensions des pouvoirs des régions, j’en passe bien d’autres…celui que nous choisirons pourra tout, décidera de tout. Pour parodier un slogan du tiers état: Qui sommes-nous ? Rien !  Que cet élu nous apportera-t-il ? Tout ! 

Ainsi, si j’ai bien compris, afin que tout puisse aller mieux ou moins mal dans le pays, il suffirait aux citoyens de choisir prochainement un homme ou une femme aux vertus et capacités surnaturelles. Une sorte de  sauveur nous invitant à nous reporter et reposer sur lui.  Appelant de nos vœux une personne qui serait dotée de pouvoirs exceptionnels, quasi divins, aptes à résoudre les problèmes économiques et sociaux de la France. Du jamais vu depuis Jeanne d’Arc. Même avec de Gaulle!

Si l’on continue sur cette voie, il faudra bientôt aller s’incliner en dévotions sur les reliques de Saint-Martin, Sainte-Thérèse de Lisieux avec, en mesures de précaution, appeler des mânes de l’Esprit-Saint. Et, par voie de conséquence, faire une croix sur notre système démocratique républicain déserté par ceux-la mêmes qui, tout récemment encore, en faisaient leur référence.

Décidément, en attente d’un ou une élue de providence, la légende de Jeanne d’Arc, soit-disant libératrice  de la France,  continue à faire des ravages dans les consciences. 

A cela, je préfère les vers d’Eugène Pottier :

Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

 

NB : L’ineffable Marie-Noelle  Linieman, députée socialiste PS, qui pense que son candidat n’en fait pas assez dans le surnaturel,  vient de déclarer dans Le Monde : “Pour l'instant, ce sont ses lieutenants qui s'expriment. On a parfois l'impression aujourd'hui que les apôtres ont l'air de prendre plus de place que Dieu le père”. C’est elle qui le dit. Amen.